:
Un an à travers l'Atlantique, De Bretagne en Bretagne, par le Cap Vert et les Antilles en suivant trois thématiques : solidarité, environnement et régates
2 semaines, dix litres de rhum, cent heure de plongée, quarante de foot sur plage...
Après cette belle transat... nous profitons des nombreux mouillages de la côte sud de Grenade pour profiter au mieux de cette première escale antillaise.
Une courte pause dans le lagon à l'un des pontons de la marina de true blue bay nous permet de refaire le plein d'eau et surtout de nettoyer le bateau qui est un peu sale après ces dix sept jours de mer. C'est aussi l'occasion d'un petit talonnage dans la vase et d'une bonne mission pour nous dégager alors que la marée descend. On s'en sort en mettant tout le monde au rappel et en utilisant la puissance du moteur...
Nous mouillons alors devant Hog island, après quelques frayeurs car cette île luxuriante et sauvage est protégée par une serie de récif au balisage incertain.
La seule batisse de l'île est un bar de plage tenu par un rasta forcément cool avec qui le courant passe bien. Nous passerons même le jour de l'an sur cette île dans une ambiance reggae, avant que "rogger", le fameux rasta ne nous emmène en barque finir la nuit sur Grenade
cool man...
La nécessité de refaire notre approvisionnement, nous oblige donc à quitter notre petit paradis pour St georges la capitale de Grenade.
La ville est assez authentique et la campagne magnifique. C'est vraiment la jungle et le relief montagneux plein de cascade ajoute encore à la magie de cette île encore relativement peu visitée.
Après une jolie journée de navigation au près pendant laquelle nous passons en revue la côte sous le vent de grenade et ces îles sauvages et inhospitalières du nord, nous arrivons à la tombée de la nuit à Tyrell bay sur Carriacou, première île des Grenadines.
La navigation dans les Grenadines, c'est véritablement un rythme à prendre et on est loin des croisières en bretagne. Ici la distance entre les îles n'excède pas dix milles, les fonds sont d'une grande clarté et jamais supérieurs à une vingtaine de mètres et l'alizé rafraichissant régne en maître ( pas de mauvaise surprise météo à attendre si ce n'est quelques grains parfois impressionnant). En gros vous aurez compris, c'est relax...
Et puis les grenadines c'est aussi une faune et une flore marine d'une grande richesse. Les fonds sous marins sont magnifiques et les plongées s'effectuent sur les barrières de corail dans quelques mètres au milieu d'une profusion de poissons, de corraux et même de pélicans... La pêche est interdite; les saucisses en boîte remplissent nos filets... de provisions, et à la traine, l'annexe a remplacé la ligne.
Nous apprécions tout particulièrement l'île de petit st vincent et son petit îlot de carte postale (Morpion)qui est un veritable bijou pour sa vie sous marine... Les belles pelouses de l'hôtel deviennent vite notre stade de france et Morpion notre piscine aquarium.. le rêve...
Comme vous avez pu le voir, peu de nouvelles de l'équipage ont été affichées sur le blog depuis la fin de leur traversée.
Et c'est pour de très bonnes raisons: outre la difficulté de trouver un accès Internet digne de ce nom, c'est surtout la beauté des paysages, sous-marins entre autre, qui les éloigne de la civilisation et du blog.
Je pense qu'après quelques temps passé en plongée dans ce paradis, un petit reportage photo devrait bientôt arriver.
2180 milles 17 jours de Tarrafal (Cap Vert) à Grenade (Antilles)
Départ de Tarrafal pour la grande travarsée. A peine sortis de la baie, une grande houle et du vent soufflant en rafale à plus de force 7 nous ceuillent un peu à froid après ce mois de mouillage...
On reste toute la journée et toute la nuit avec juste un peu de toile sur l'avant ce qui ne nous empêchent pas de dévaler certaines vagues à près de douze noeuds... Record battu...
Ca mollit rapidement et nous retrouvons un vrai rythme de croisière. (cf canaries cap vert, madère canaries, lisbonne madère) en gros, pas de sérieux problèmes d'adaptation pour cette transat . Ah si, "Nicop, mets de la crème solaire sinon Nicole va pas être contente."
Nous voilà bien partis, nous décidons d' expérimenter la trinquette et le génois tangonnés sans grand voile... et c'est une réussite. Allure rapide et confortable car elle permet de tenir un cap direct au vent arrière sur les Antilles sans avoir à empanner.
Le sillage de la diaphanette semble attirer toutes les daurades coriphènes de l' Atlantique... peut-être nous prennent-elles pour une épave à la dérive... pourtant charles, on te promet : "la carène n 'est pas si sale, la diaphanette est parfaitement entretenue et on avance à près de cinq noeuds"... on espère que celle-ci (en photo) sera agréée par Jean-Paul. Même crue, Polo apprécie...
Progressivement le vent tombe complétement et nous voilà englués dans l'anticyclone qui se trouve anormalement bas.
On commence à compter nos vivres et les heures de moteur et ce n' est que le quatrième jour...On regrette presque la baston du premier jour...
Et comme une galère sur un voilier n'arrive jamais seul, notre fidèle pilote décide de nous lâcher après une lente agonie et malgré quelques interventions quasi chirurgicales qui resteront sans succès.
Du coup s'organise le quart de barre..
Deux heures d'affilées chacun la nuit et trois réparties dans la journée selon motivation et disponibilité.
Le vent revient pour notre plus grand bonheur et nous reprenons un un vrai rythme de croisière. (cf canaries cap vert, madère canaries, lisbonne madère). Une semaine est dejà passée... et trop vite...
Un alizé encore un peu mou, nous oblige à sortir le spi de son sac, trois belles journées chaudes surtout pour le barreur à l' heure du zénith sont avalées comme un filet de daurade frais cuisiné par le vinc...
La pêche marche toujours fort. Nous traversons des bancs de thons et certains plus téméraires passent à portée de fusil. Erreur fatale ce soir c'est steack de thon... La barre symbolique des milles milles marins est franchie, et la colle de l' annexe refuse toujours d'adhérer...
L'alizé s'établit enfin, le spi retrouve son sac, la trinquette et le génois leur tangon, et nous notre rythme de croisière. (cf canaries cap vert, madère canaries, lisbonne madère). Noël arrive sous les grains tropicaux, on se met à la cape, le temps de prendre l'apéro-cadeaux. un superbe souvenir : un noël en t-shirt et en maillot de bain au beau mileu de l'Atlantique, ça s'oublie pas...
Un aterrissage parfait au petit matin sur la côte sud de grenade : c'est beau le GPS, après une transat réussie et complète. Trop rapide au goût de l'équipage, la prochaine fois on se fait le Pacifique, promis...